Revu et corrigé

Que diable ces références scolaires viennent-elles donc faire dans un espace tout entier consacré au plaisir spontané et ludique de la décoration ?

N’ayez crainte, je n’entends pas me plonger dans la nostalgie douce-amère de nos jeunes années, mais bien évidemment rendre aujourd’hui – plus encore que les autres jours – hommage à la capacité des créateurs à détourner les objets pour en redéfinir le style et/ou la fonction. Je trouve la pertinence ces initiatives d’autant plus méritantes qu’elles s’emparent des objets les plus banalement quotidiens avec une inventivité profondément exaltante.

Prenons le cas du tapis : très longtemps confiné à des formes géométriques classiques, et à des poils ras ou longs, il se détache de plus en plus de ce cadre prédéfini, avec à la clefs des motifs, des couleurs et des matières qui nous conduisent même, progressivement, à oublier sa destination première (apporter de la chaleur et du confort) pour n’y voir plus qu’un absolu objet de décoration, voire un appel à la réflexion sur nos habitus de consommateurs. Chez Nanimarquina que j’aime décidément beaucoup, Marti Guixé a ainsi inventé le tapis News, une reproduction à grande échelle des pastilles que nous rechercherons avec beaucoup de passion dans nos échoppes préférées lors des soldes de janvier.

grâce à ceci...

good news

...Marti Guixé vous autorise à profiter de cela

Si l’excentricité est pour vous comme une seconde nature, n’hésitez pas à associer à ce témoignage du temps présent une version rééditée en mode argent de la commode Louis XV des demeures anciennes. De facture a priori un peu trop clinquante – non, je ne me résoudrai pas à inscrire les onomatopées “bling-bling” au registre de mon vocabulaire – à mon humble goût, il me semble cependant que cette création que nous devons à Chaisor saurait apporter à une chambre un peu terne une élégance substantielle.

Dans un registre moins onéreux encombrant, je ne suis pas insensible – tout en continuant de me demander si mon aptitude à l’autodérision ne toucherait pas là, en y faisant figurer un de mes portraits, sa limite -, à Horned, le – bien nommé – cadre à cornes de chez Pulpo. Mais après tout, qu’est-ce qui nous empêcherait d’y afficher la photographie de notre médor préféré et d’imaginer ainsi une composition artistico-humoristique qui n’aura rien à envier aux plus mythologiques des bestaires ? Évidemment, il est tout aussi possible – mais si prévisible, en quelque sorte – d’en faire une délicate attention à votre moitié en cas de douloureuse séparation – ce que je ne vous souhaite naturellement pas.

Quoi de plus tragiquement ennuyeux qu’un tabouret de bois ? Cette question rhétorique ne me tourne certes pas dans la tête à longueur de journée, mais je dois bien admettre ne pas voir en ce type d’assise la figure tutélaire du siège tendance. A moins qu’il ne se trouve comme ici judicieusement customisé et ne se mue en un joyeux dégradé arc-en-ciel tout de baudruches nouées revêtu. Le tabouret Baloon de Nathalie Kruch nous démontre une nouvelle fois qu’ils sont décidément très forts chez Umbra

Rappel : Il vous reste un jour pour vous rendre à la Biennale de Saint-Etienne

Le design n’est plus assimilé à un phénomène de mode, il ne s’exprime plus seulement de façon décorative mais s’approprie des questions plus fondamentales liées à l’évolution des modes de vie, aux mutations sociales, en se décloisonnant, en se confrontant à d’autres approches

Ce n’est pas moi qui le dit, mais Elsa Francès, directrice de la Cité du Design de Saint-Étienne et commissaire générale de la Biennale éponyme – qui fermera ses portes aujourd’hui 30 novembre – dans l’édition du 27 novembre d’un journal terrien de l’après-midi.

Ces rencontres incontournables qui ont fêté cette année leur dix ans (il s’agit donc ici de la 5ème édition), ont cette année été vivement placées sous le signe de conscience environnementale, avec de nombreuses propositions de meubles, d’objets et de dispositifs destinés à mieux contrôler les habitudes de consommation, du moins à réduire leur impact sur l’environnement.
Quoiqu’il reste encore tout beaucoup à faire pour faire de nous des amateurs de déco éclairés et attentifs, les créateurs ne sont littéralement emparés de ce concept et nous proposent, pour la quasi totalité de nos activités modernes, des solutions intelligentes et, espérons-le, prometteuses.

La récupération fait sans aucun doute partie des pièces maîtresse de la nouvelle philosophie consumériste. J’ai déjà évoqué toute l’admiration que je portais au tapis bibicleta de Nanimarquina ou aux paillassons Feet First de chez Fred, chacun réalisé à partir de pneu recyclés. Mais les produits manufacturés ne sont pas les seuls à subir les affres du gaspillage, et je voulais donc aujourd’hui vous présenter un heureux moyen de recueillir avantageusement l’eau de pluie.

Au Japon, le label Kyouei design a en effet imaginé un porte parapluie écologique en céramique blanche composé non pas d’un mais de deux bacs aux fonctions radicalement différentes. Le plus évident et vaste des deux est une vasque cylindrique très sobre et vaste, destinée à accueillir les parapluies et autres cannes de vos convives et de toute la maisonnée… jusqu’ici, rien que de très classique. La bonne nouvelle provient de l’excroissance inférieure, qui communique avec la première vasque et abritera vos petites plantations qui seront ainsi alimentées en eau par les gouttelettes ruisselant de l’étoffe imperméable de nos arachnéennes armatures. Vous aurez avec ce porte-parapluie écolo de quoi apporter à vos entrées un petit air de verdure, même en plein hiver…

Cette création originale n’est pas sans me rappeler la série de mobilier de jardin “à cultiver” imaginé voici quelque temps déjà par les si géniaux 5.5 Designers. Pour mémoire, les jeunes prodiges du design avaient élaboré une série de chaises, tables et bancs d’extérieurs en béton pourvus, en lieu et place des accoudoirs, plateaux ou dossiers, de jardinières pour réveiller l’inspiration de tous les Tistou les Pouces Verts qui sommeillent en nous.

Jugez plutôt…

du ciment sous les plaines

Si vous avez la chance de posséder un jardin, voici une heureuse façon d’unifier votre espace en réalisant un jeu de correspondances entre votre vestibule et votre terrasse…

Voici enfin des créations qui nous offrent de nous réjouir des intempéries !

Excellent début de semaine (pluvieux) à tous

Le bon Saint Eloy

J’ai voilà peu dit du mal du sex-toy canin imaginé par Clément Eloy, le jour est désormais venu de rendre justice à ce jeune créateur plein de talent dont l’inventivité n’a d’égale que la pertinence et la justesse raffinée (à l’exception notable de Hot Doll, mais je ne m’épancherai pas davantage sur le sujet).

Talent, beauté, créativité et jeunesse, Clément Eloy n’a, semble-t-il, guère de défauts à son actif.

Diplômé en ingénierie de l’Institut Supérieur de Design de Valenciennes – depuis 20 ans une référence d’expertise et de rigueur dans la galaxie des formations dans la déco et le design – il n’a cependant pas pris le temps de se reposer sur ses lauriers et n’a pas tardé à investir notre quotidien en mettant son dynamisme et son inventivité au profit de grandes marques.

Il a par exemple œuvré, pour Decathlon, à la création d’accessoires de sport aussi chics que fonctionnels.

A 24 ans, il fonde l’agence Feel Addicted, véritable espace d’innovations et d’émotions entièrement consacré à l’imagination des hommes et de la vie quotidienne, Clément Eloy ausculte l’existence et conçoit des objets qui ont pour enjeu de nous faire vivre de nouvelles expériences, visuelles, gustatives, tactiles, en un mot globales, et nous conduire à goûter les saveurs ultimes du corps et de l’esprit.

Qu’on ne s’y trompe pas, Clément Eloy n’est pas un inventeur de l’accessoire, mais un créateur de réalité qui sublime la monotonie du monde.

Son ambition est durable, autant que sa profonde conscience environnementale et sa volonté de participer, par ses travaux, à la réduction de notre empreinte écologique.

C’est ainsi qu’il a conçu son le nom de Lucifer, une boîte d’allumettes toute en rondeur solide et rechargeable pour restreindre le recours au tout jetable, ou encore les corbeilles de bureau SamePaperPlayAgain qui nous prouvent magistralement que le tri sélectif peut être ludique tout autant qu’esthétique.

des poubelles qui détendent

des poubelles qui détendent

Volontiers subversif, Clément Eloy ose également explorer des domaines que la frilosité bien-pensante du monde actuel rencarderait facilement au rang des indésirables vulgaires et tabous. Il est ainsi le premier à proposer un sex-toy pour chien, malicieusement baptisé HotDoll, et dans un esprit de délicieuse fausse innocence, un capuchon de stylo tout en bonbon sucré, le désormais célèbre Suckmybic…

un crayon à déguster...

un crayon à déguster...

Alliages de matériaux nobles et de lignes conjuguant finesse et sobriété, détonants, vertigineux et uniques, les projets de Clément Eloy ne peuvent pas laisser indifférent, et corroborent avec brio l’adage trop souvent négligé : “La valeur n’attend pas le nombre des années”. (plus d’informations sur cette citation in Pierre Corneille, Le Cid (II-2) )

J’veux du soleil (1) : lève-toi et marche

Changement d’heure et climat automnal, voilà qui n’est pas forcément pour donner l’envie de quitter gaillardement son nid lit douillet pour arpenter couloirs frisquets, cuisines gelées et salles de bain glaçantes…. Si certain(e)s d’entre vous ont des idées pour mettre de la bonne humeur et de la chaleur dans nos cabines de douche, qu’ils se fassent connaître!

Je n’ai évidemment pas attendu mon âge avancé et l’aventure de ce blog pour tâcher de rendre plus agréables mes lever… reste que mes efforts n’ont pas toujours porté leurs fruits, j’entends par là que je ne saute pas forcément de mon lit en entonnant un chant à la gloire des “réveils en beauté”…

Je m’emploie cependant à faire de ce moment matinal délicat le prélude à une journée réussie, dont voici, humeur et idées déco à l’appui, les différentes étapes cruciales

déco du matin, tout va bien

déco du matin, tout va bien

Première étape : le petit déjeuner, pas toujours évident quand tout est sombre et froid… autant tâcher de se réchauffer au plus vite, et pour ce faire, rien de tel qu’un bon thé.

Ah, le thé, une cérémonie à elle toute seule, les amateurs ne me contrediront pas… et pour un thé réussi, bien sûr, une eau idéalement chaude (entre 70 et 95°C selon les types de thé) est de rigueur

J’ai découvert avec émerveillement la bouilloire sans fil des Américains de Morphy Richards. En l’espèce, rien de révolutionnaire dans le mécanisme, mais quel raffinement dans l’aspect… Je ne m’attarde pas sur ses lignes élancées, son design sobre et la fonctionnalité de son anse large et de son système sans fil, non, ce qui change tout avec cette bouilloire, c’est sa transparence éclairée… je m’explique : non seulement elle est en verre teinté transparent qui permet, pour une fois, de mesurer avec exactitude le niveau d’eau de l’appareil, mais surtout dispose-t-elle d’un sublime et astucieux système d’éclairage qui se met en route quand l’eau arrive à ébullition, et enveloppe la pièce d’un halo bleuté à la puissance hypnotique incomparable.

Rien de tel pour imaginer lagunes et chaleur même dans les plus polaires des cuisines

Pour le breuvage lui-même, je suis assez puriste, le thé nature fumé restant mon optimum… Heureusement, l’engouement croissant pour ce genre de breuvage a permis de largement relever le niveau et la qualité de ces feuilles à infuser. Pour tous ceux qui souhaiteraient découvrir l’inénarrable richesse du thé qui, tout comme le vin, dispose d’une infinité de crus et de saveurs, Tea Forté propose une assez bonne entrée en matière. Le packaging est séduisant et original, avec des sélections variées – “natures” ou aromatisées, quoique j’appartienne la catégorie des puristes qui considèrent qu’un thé aromatisé n’est déjà plus un thé – présentées dans de jolies pyramides, et des coffrets réellement réussis… autant de bonnes idées cadeaux en prévision d’un Noël approchant

Il existe en outre une grande inventivité dans le domaine des réceptacles de nos liquides chauds ou froids. J’aime beaucoup le design gentiment rétro des mugs et bols Menu, leur décoration géométrique et acidulée est un hommage au designer danois Verner Panton. Petit plus, la fabrication thermos qui permet d’éviter les brûlures tout en gardant nos breuvages bien au chaud.

Si vous êtes plutôt portés sur le café, sachez que mes amis (voir le premier article de ce blog) de Bosch, toujours à la pointe, ont élaboré une cafetière digne des plus rutilants des zincs, qui propose en un tournemain la quintessence du café franchement moulu… Je sais que nous sommes là à mille lieux des jolies dosettes en aluminium qui fleurissent au rayon café de nos grandes surfaces et des machines idoines les perforant avec amour, mais, sans même tenir compte de la question environnementale soulevée par lesdites capsules, y a-t-il réellement une comparaison possible – n’en déplaise aux fans de George – entre un percolateur quasi-professionnel et un pseudo-gadget galvaudé ?

Reste cependant un souci de taille pour les moins du matin d’entre nous : celui de la lumière blafarde qui ne manque souvent pas d’aveugler nos petits yeux fatigués. Il est toujours compliqué de trouver un juste milieu entre un éclairage tamisé délicat mais peu performant et la puissance aveuglante d’un néon… A cœur vaillant, rien d’impossible, Laurent Baulé a créé une suspension dont la forme me rappelle un peu celle d’un butagaz de camping, et qui agit comme un filtre salvateur pour mettre de la gaité dans nos ampoules et un effet disco réjouissant dans nos cuisines.

Adieu réveils moroses, une journée réussie ne peut que commencer !

Rendez-vous très prochainement sur ce blog pour la suite de mes aventures déco du matin… prochain épisode : l’art de vivre dans ma salle de bain.