70′s revival

C’est bien connu, le propre des modes est de revenir à intervalles réguliers en nous faisant croire qu’elles sont le dernier cri de l’innovation. J’ai heureusement échappé de peu à celles des santiags et autres mèches décolorées, et ne redoute à présent qu’une chose : que ces lubies attendent l’adolescence de mes enfants pour refaire surface…

En revanche, je me réjouis souvent de constater que la culture des années 70 a encore de beaux jours devant elles… Il faut dire qu’en termes de style, elle est plutôt riche et diversifiées : des amateurs des pantalons larges au néo-hippies en passant par les aficionados du cuir et du daim, difficile de ne pas trouver son bonheur, surtout quand ce dernier est mâtiné de petites touches plus modernes qui en subliment l’éclat.

Et si je vous disais qu’il en est de même en matière de décoration, que le total look seventies a la vie dure, vous me croirez?

Comment ça non?

La couleur marron chocolat et son succès des plus actuels m’en sont témoins, rien n’est plus tendance, en déco, que le style des 30 Glorieuses…

Sachez que Branex Design ne s’est pas arrêté à la seule réédition des tabourets Tam Tam dont j’ai déjà évoqué tout le bien que je pensais il y a peu… La marque a en effet développé toute une gamme de mobilier directement inspirés de cet objet culte. J’ai suis particulièrement charmée par la table basse de la collection, pas vous ?

On a beau aimer le vintage, il est tout de même judicieux de vivre avec son temps, et c’est chose possible grâce au ITam Tam, un bijou de technologie qui dissimule une station pour baladeurs numériques et autres téléphones portables nouvelle génération de la marque à la pomme.

Alors, convaincus ? Je vous l’avais dit que le post-Woodstock avait de beau jour devant lui…

ps : pour en savoir plus sur le tabouret Tam Tam, allez faire un tour de côté de chez Manuel

Florence Doudat : une vraie lumière

Pardonnez-moi pour cette entrée en matière bien peu subtile, mais qui a finalement le mérite de l’intelligibilité.

La tendance – crise et conscience environnementale, je suppose, obligent – étant de repenser nos habitus de consommations, j’avais envie de me pencher aujourd’hui les créations de Florence Doudat, qui réussit le pari de l’innovation dans la récupération.

Vous êtes vous jamais demandé ce que devenaient les affiches publicitaires une fois la campagne achevée ? Avec Florence, elles sont promises à une deuxième vie bien plus durable qu’un plan média ciblé. Forte d’une longue expérience comme styliste dans la presse écrite, Florence Doudat a toujours considéré la lumière comme une matière à part entière. Sensible à l’environnement comme à la fugacité des images publicitaires, elle s’essaie, avec un talent certain, à associer les deux et nous propose des luminaires directement créés à partir d’anciennes affiches détaillées et transformées pour nos intérieurs.

Lampe Urbaine

Lampe "Urbaine"

Le principe est relativement simple (mais il fallait y penser !) : après avoir sélectionné les supports papiers, Florence les consolide à l’aide de polyphane, une matière plastique bien connue des amateurs de loisirs créatifs pour rigidifier les matières fragiles. Ainsi solidifiés – et en même traîtés contre le feu, les affiches se transforment en d’élégants abats-jours aussi uniques qu’originaux

.

La pléthore d’affichage publicitaire qui nous gouverne permettra indéniablement à Florence de disposer de toute la matière brute nécessaire pour donner libre court à son talent créatif multiple et varié, à l’image de ses collections. J’ai pour ma part un petit faible pour la quiétude bleutée du modèle “Escapade” et la naïveté bucolique de l’”Arrosée“.

Escapade nocturne

"Escapade" nocturne

Lampe Arrosée

Lampe "Arrosée"

Plus d’informations et collections disponibles sur le site
Florence Doudat Créations

Un papier peint bien intrigant

Si j’ai tendance à considérer le papier peint comme un concept vieillissant, c’est certainement que je ne me tiens pas suffisamment au fait des innovations en la matière.

Certes, j’ai bien entendu parler de tous ces nouveaux modèles à effet optique, magnétiques, phosphorescents, voire personnalisables, mais sans m’intéresser plus avant au phénomène.

Aujourd’hui que je découvre que ce même papier peint peut s’avérer aussi coquin que trompeur, je me dis qu’il est peut-être temps que je m’attarde sur ce phénomène manifestement en pleine renaissance. C’est à la truculente marque belge Vlaemsch que je dois cette prise de conscience. Vlaemsch semble en effet se faire une spécialité de détourner, non sans une bonne dose d’humour et de détachement, les plus inoffensifs objets du quotidien. Après nous avoir gratifiés d’un trophée de chasse qui se passe de vénerie avec la tête d’élan Moose, voici que la marque, et son fondateur Casimir en tête, s’attaquent à ce que la tapisserie peut proposer de plus compassé traditionnel : le papier peint à motifs floraux.

Ne faites pas les innocents, vous avez tous forcément un jour ou l’autre croisé ces lés imprimés d’une répétition de fleurs et de feuilles, elles-mêmes agencées en de savantes arabesques, juxtaposés pour composer une sorte de fractale consacrée aux fruits de mère nature.

Il s’en fallut de peu pour que je passe mon chemin, mais ma curiosité (mal placée) fut piquée par le nom évocateur de ces papiers peints bel et bien atypiques : Rendez-Vous 1 et 2

Un coup d’œil plus attentif à la composition des motifs suffit à me rendre le sourire et à rester pensive devant une inspiration que les pudibonderies n’outragent pas.

Attention, Carré Blanc : afin de ne pas heurter les regards chastes, je déconseille formellement l’inspection approfondie desdits motifs aux moins de 18 ans.

Subversif, n’est-il pas ?


Papier peint vinyle (donc traîté contre la perméabilité et les tâches)
Existe en plusieurs coloris : beige/argent ; beige/noir ; rouge
Deux modèles disponibles
Existe en trois coloris : beige/argent ; beige/noir ; rouge
prix : partir de 70 euros le rouleau (0,53 x 10 m)

La réponse en images

J’espère que votre gymnastique cérébrale d’avant-hier vous aura été profitable… Inutile de vous faire languir plus longtemps, voici la récompense à vos efforts ! (j’avais bien sûr délibérément et fort subtilement caché l’indice qui eût pu vous vous éviter de vous creuser la tête)

Cette boîte contient en effet mon ex-ennemi juré de décoration (non, pas le sticker, l’autre), j’ai nommé la microbille, sur laquelle je me suis déjà ici et épanchée. Ayant connu un grave traumatisme esthétique à l’époque où les poufs-poires étaient à la mode, je m’étais solennellement promise que PLUS JAMAIS aucun objet les contenant ne franchirait plus mon seuil.

Ambient Lounge semble en passe de me faire mentir, ou du moins revenir sur cette radicalité. Venue des antipodes (l’Australie), cette marque pleine d’inventivité a réussi l’improbable : rendre élégant voire très chic le fauteuil en microbilles.

Ici, rien de comparable – si ce n’est bien évidemment la microbille – avec le cauchemardesque pouf poire. Fauteuil, sofa ou même chaise longue, Ambient Lounge a soigné les formes comme les finitions. Les coutures sont naturellement ultra renforcées et le tissu d’une épaisseur digne des robes de bure, la douceur, le moelleux et le coloris en plus.

Ce qui me plaît, je crois, le plus avec ces différentes assises, qui sont une totale invitation à la détente stylée, c’est le concept presque ludique par lequel ce sont les acquéreurs eux-mêmes qui remplissent leur fauteuil. Le procédé se nomme Funnelweb, et permet, par un astucieux système de fermetures à glissières et de manchon hermétique, de transférer les billes de leur sac au fauteuil, et inversement lors de l’entretien desdits fauteuils, mais également de choisir vous-même votre niveau de confort en optant pour un remplissage plus ou moins important.

Je ne m’étendrai pas forcément sur le côté un peu tape-à-l’œil des photographies d’ambiance, à tout le moins peut-on être sûr, à observer la mine réjouie de la charmante demoiselle, que, côté bien-être et délassement, Ambient Lounge tient toutes ses promesses !

ps : @Julie : tu étais dans le vrai… certes c’est pas un fauteuil de piscine, mais il est en quelque sorte gonflable et permet bien de lézarder !

Étoiles et compote

I was there !

Eh oui, j’ai eu l’insigne honneur et opportunité de pénétrer dans le cénacle clos et de me livrer à des heures de vagabondages enfiévrés dans le labyrinthe des rêves sis au Parc des Expositions de Villepinte… J’ai fait lundi mon baptême de Maison et Objet.

J’ai eu beau n’y passer que quelques heures, j’en suis ressortie les pieds en compote et des étoiles plein la tête…
Vous me pardonnerez si je ne vous livre pas d’emblée le résumé de mes ravissements et mes intuitions quant aux tendances décoratives prochaines et imminentes (d’ailleurs il me faudra sans doute un petit moment pour que cette masse d’images et de découverte se décante comme il se doit), mes déambulations dans les halls et les allées eurent raison de mes forces, aujourd’hui, je ne rêve que couvertures, coussins, musique douce et station allongée (surtout).

Ce qui m’est évidemment un prétexte tout trouvé pour placer mon humeur du jour sous le signe du confort.

jeu de coussins

jeu de coussins

En dehors des bougies, j’ai une autre passion inusable : les coussins, et plus généralement tout ce qui relève du moelleux, du duveteux, du cotonneux.

Bien que n’étant que très modérément amatrice de sieste, je suis prête à faire une exception notable si je peux m’étendre sur le coussin Pillow Play créé par Ana Mir pour Nanimarquina. Conçu sur le modèle inusable de la microbille en polystyrène, il est évidemment d’une malléabilité absolue.

Et puisqu’il s’agit de Nanimarquina, il est évidemment en prime joliment ajouré, avec un fin liseré de couleur pour soigner l’élégance même en situation de fainéantise aigüe.

Euclide es-tu là?

Euclide es-tu là?

La microbille fait également la (bonne) fortune de la marque belge Sit On It, qui décline le concept sous tous les angles… (les poufs géants, c’est eux) : pyramidal, cubique, et même elliptiques, cela ne m’étonnerait pas qu’un de leurs designers soit un amateur patenté de géométrie dans l’espace

plus c'est long, plus c'est bon

Mais j’avoue demeurer davantage encore intriguée et entraîner à musarder tout à mon aise face à la création étrange et pénétrante de Antidiva. Le divan-lit-canapé-fauteuil-chauffeuse Kaa Micama est inclassable et incalculable, au point que j’ai d’ailleurs moi-même quelques difficultés à en saisir le principe (d’où ma velléité toute désintéressée de l’essayer pour moi vous). Il s’agit ici d’un serpentin de coussins reliés entre eux par un système de fermeture Eclair, et tournoyant autour d’un ilot central. Totalement flexible, il se double et se dédouble en d’innombrables variations toutes plus disposées les unes que les autres à célébrer Morphée et ses sbires.

Avis aux amateurs (fortunés)… de mon côté, je m’en vais offrir à mes petits petons un repos bien mérité.

Joindre le futile à l’agréable

Passion du dispensable, quand tu nous tiens… Tâchant depuis plusieurs années de ne pas me jeter de façon complètement écervelée dans la fièvre consumériste, je me fais un devoir de ne pas trop souvent acheter ce dont je n’ai objectivement pas besoin.

Et comme j’essaie aussi d’avoir deux doigts de jugeote, je sais bien que ce qu’il y a d’intéressant à désirer quelque chose, c’est bien la délicieuse période de latence préalable, celle où nous sentons monter en nous la joie promise de posséder enfin l’objet tant espéré…

Mais j’ai beau me soumettre à cette (monacale, il va sans dire) discipline de mesure et de tempérance, mon naturel futile a tendance à revenir au galop… je me laisse forcément prendre au piège jeu des menus accessoires et autres belles choses dont il me semble que l’acquisition rendrait ma vie ô combien plus délectable… Il ne me reste donc plus qu’à me livrer à une joute rhétorique et dialectique avec moi-même afin de pouvoir justifier de l’absolue nécessité de mes caprices à la bonne marche du foyer… Travaux pratiques :

comment tout mettre à sack

comment tout mettre à sack

Au rang des stimuli actuels de ma mauvaise foi, il y a le vase Sack, en prévision duquel j’ai échafaudé un argumentaire tout à fait infaillible : vous avez certainement comme moi remarqué qu’on n’a jamais le récipient adéquat lorsqu’on nous offre des fleurs. Il est toujours trop large, trop grand, trop étroit… Pour mettre en valeur les belles graminées. Avec lui, fini les moments passés à découper en toute hâte – et pour un résultat assez navrant – une bouteille d’eau minérale pour faire tenir ensemble une jolie composition florale : en effet, il se transforme à volonté grâce à sa composition en pvc thermoformable.

Le principe est simple : il devient malléable passé sous l’eau chaude, puis se rigidifie à l’eau froide une fois la forme idoine trouvée. Cette idée lumineuse nous vient de PA Design, qui se surpasse décidément pour nous proposer des objets du quotidien revisités par le biais de l’humour et de la différence.

Maintenant que je me suis (légitimement) accordée une nouvelle sauteuse, ma (future hypothétique) cuisine (aménagée) s’avère déjà plus reluisante. Hélas – trois fois hélas, je n’ai toujours que de banales casseroles, qui ne me permettent pas de mijoter ni d’étuver comme il se doit mes emplettes maraichères du marché…

après le fridayware, le cookware

après le fridayware, le cookware

Heureusement Royal VKB a pensé à moi : j’avoue rester complètement sans voix devant la beauté vintage de la gamme de faitouts Cookware – un faitout, exactement ce qui me manquait ! c’est fou comme la vie est bien faite.

Ils ne sont pas magnifiques, ces récipients conçus par le designer néerlandais Jan Hoekstra, ici en pleine démonstration?

Il a pensé sa gamme en tenant compte des aspirations de chaque amateur de cuisine à la maniabilité et la performance : même si pour vous cuire un œuf relève de la gageure, vous vous êtes forcément un jour ou l’autre confronté à la difficulté de vider l’eau d’une casserole sans vous ébouillanter et/ou répandre la moitié du contenu dans l’évier évidemment encombré de toute part parce qu’il est tellement plus drôle d’attendre que les reliefs des précédents repas se soient fossilisés sur les assiettes pour commencer à les laver.

Ici, le problème est doublement facilité grâce au système de fermeture des couvercles qui vous offrent le luxe de vider ladite eau majestueusement, et aux anses enfin larges et recourbées qui permettent une prise en main totale. Il va falloir que je trouve le moyen de rendre mes outils de cuisson inutilisables.

En matière de décoration intérieure, j’ai un Trouble Obsessionnel Compulsif, celui des petits luminaires. Ma collection commence à être conséquente, entre lampes, photophores et bougies. Mais ce n’est naturellement jamais assez, j’en trouve toujours de plus attrayantes.

Alors pour m’autoriser cette brique lumineuse éditée par Suck, qui renferme une ampoule photovoltaïque (ce qui implique l’absence totale de tout système électrique), je vais tout simplement me contenter faire jouer la carte de l’émotion et de l’économie écologique.

Je suis sûre que vous débordez vous aussi de ressources et d’inventivité pour vous accorder de petits plaisirs décoratifs… Maintenant que je vous ai livré quelques uns des miens, j’attends les vôtres !

« Dans ma chambre où il fait froid….

… Un mètre cinquante par trois » (ou à peu près)

Lecteur québécois, tu dois savoir à qui j’ai emprunté cette description pour le moins juste et amène de ma chambre à coucher… Ayant toujours déploré le trop faible écho de Jean Leloup Leclerc dans mes contrées hexagonales, je me permets de lui déclarer ici et en aparté mon admiration sans bornes.

Ma douillette tout autant que réduite chambre à coucher me permet d’expérimenter au quotidien le sens véritable de l’optimisation d’espace… et le défi, je vous l’assure, est de taille pour la personne peu organisée et encore moins ordonnée que je suis.

Pour joindre l’intellectuel utile à l’agréable, et parce qu’un livre n’est pas seulement une nourriture terrestre mais un bel objet, qui mérite d’être exposé, Presse Citron a inventé une série d’étagères encadrées à la manière des portraits de nos aïeux qui me plaît beaucoup. Il fallait y penser : pourquoi diable réserver aux seules photos le monopole d’un châssis ajouré ? Plusieurs modèles et coloris se mettent en cube pour mettre en valeur vos plus avouables lectures, il ne vous reste plus qu’à choisir le motif qui vous siéra le mieux…

Amie fille, toi qui aimes les bijoux de toutes formes et de toutes tailles, n’en as-tu pas assez de te disputer avec ta boîte à trésors et de retrouver chainettes et bracelets emmêlés à outrance, de préférence ces matins-là où tu as cru bon de ne pas entendre ton réveil à l’aube d’un rendez-vous important, d’une interview ? Menu, jamais à cours de jolies initiatives, a pensé à toi et te propose en remplacement de tes multiples boîtes un véritable arbre à bijoux sur lequel tu pourras suspendre toutes tes décorations préférées…

arbre-à-bijoux-menu

Rangement sympa et accessoire fonctionnel, l’équation est presque complète, il ne reste plus qu’à adjoindre à cet ensemble fort astucieusement et joliment agencé le point d’orgue de toute déco qui se respecte : un valorisant éclairage… Dans une chambre exiguë, trouver un emplacement convenable pour la lampe de chevet peut relever de la gageure… pour vous permettre de ne pas renoncer aux plaisirs de lire au lit, Catherine Grandidier, lumineuse designer de la marque Dix Heures Dix, a imaginé des tableaux lumineux blancs, rouges ou multicolores qui transforment les murs en puits de lumière et en œuvre d’art… Un plaisir des yeux à soi tout seul…

tableau-lumineux-dix-heures-dix-catherine-grandidier

Revu et corrigé

Que diable ces références scolaires viennent-elles donc faire dans un espace tout entier consacré au plaisir spontané et ludique de la décoration ?

N’ayez crainte, je n’entends pas me plonger dans la nostalgie douce-amère de nos jeunes années, mais bien évidemment rendre aujourd’hui – plus encore que les autres jours – hommage à la capacité des créateurs à détourner les objets pour en redéfinir le style et/ou la fonction. Je trouve la pertinence ces initiatives d’autant plus méritantes qu’elles s’emparent des objets les plus banalement quotidiens avec une inventivité profondément exaltante.

Prenons le cas du tapis : très longtemps confiné à des formes géométriques classiques, et à des poils ras ou longs, il se détache de plus en plus de ce cadre prédéfini, avec à la clefs des motifs, des couleurs et des matières qui nous conduisent même, progressivement, à oublier sa destination première (apporter de la chaleur et du confort) pour n’y voir plus qu’un absolu objet de décoration, voire un appel à la réflexion sur nos habitus de consommateurs. Chez Nanimarquina que j’aime décidément beaucoup, Marti Guixé a ainsi inventé le tapis News, une reproduction à grande échelle des pastilles que nous rechercherons avec beaucoup de passion dans nos échoppes préférées lors des soldes de janvier.

grâce à ceci...

good news

...Marti Guixé vous autorise à profiter de cela

Si l’excentricité est pour vous comme une seconde nature, n’hésitez pas à associer à ce témoignage du temps présent une version rééditée en mode argent de la commode Louis XV des demeures anciennes. De facture a priori un peu trop clinquante – non, je ne me résoudrai pas à inscrire les onomatopées “bling-bling” au registre de mon vocabulaire – à mon humble goût, il me semble cependant que cette création que nous devons à Chaisor saurait apporter à une chambre un peu terne une élégance substantielle.

Dans un registre moins onéreux encombrant, je ne suis pas insensible – tout en continuant de me demander si mon aptitude à l’autodérision ne toucherait pas là, en y faisant figurer un de mes portraits, sa limite -, à Horned, le – bien nommé – cadre à cornes de chez Pulpo. Mais après tout, qu’est-ce qui nous empêcherait d’y afficher la photographie de notre médor préféré et d’imaginer ainsi une composition artistico-humoristique qui n’aura rien à envier aux plus mythologiques des bestaires ? Évidemment, il est tout aussi possible – mais si prévisible, en quelque sorte – d’en faire une délicate attention à votre moitié en cas de douloureuse séparation – ce que je ne vous souhaite naturellement pas.

Quoi de plus tragiquement ennuyeux qu’un tabouret de bois ? Cette question rhétorique ne me tourne certes pas dans la tête à longueur de journée, mais je dois bien admettre ne pas voir en ce type d’assise la figure tutélaire du siège tendance. A moins qu’il ne se trouve comme ici judicieusement customisé et ne se mue en un joyeux dégradé arc-en-ciel tout de baudruches nouées revêtu. Le tabouret Baloon de Nathalie Kruch nous démontre une nouvelle fois qu’ils sont décidément très forts chez Umbra

Pour vivre heureux vivons couchés

…Détournement facile d’un adage bien connu, et qui me concerne mal, si je considère la durée objective de mes nuits. Pour autant, convenons que le lit est sans doute possible un élément capital de nos existences, dont l’agencement et la tenue en révèlent plus long sur notre personnalité qu’on ne pourrait au premier abords le supputer.

Avouons le sans en prendre ombrage, nous accordons tous à nos couchages un soin particulier, dont nous espérons secrètement qu’ils coïncident le plus avec nos personnalités. Qu’il soit volontairement négligé ou rageusement surchargé, notre lit révèle une part intime de nous-même – généralement porte fermée, à l’abri des regards impromptus qui nous tient à cœur, mais dans le souci constant qu’il soit, pour le cas où cette porte se trouverait par hasard ouverte, à même de revendiquer qui nous sommes… Si j’exagérais un tout petit peu, j’irai même jusqu’à dire qu’avec notre lit, il y a du manifeste dans l’air…

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que la literie soit source de réactions généralement passionnées…

Petit exercice pratique :
Parmi ces trois modèles relativement récents repérés au gré de mes investigations dans la galaxie intergalactique de la décoration, aucun ne laisse a priori indifférent, et j’irais même jusqu’à dire que si l’un vous plaît, sans doute les deux autres ne vous raviront guère, et inversement.

Thomas de Lussac, toujours brillamment inspiré, a par exemple imaginé ce lit à la fois très simple – des lignes courbes qui rappellent la cambrure d’un dos, une structure en bois sans fioriture – et très maniérée – un bois noble, savamment teinté et vernis, une ampleur intimidante, une tête de lit délicate qui semble orner la tête des heureux dormeurs en une offrande divine… Il s’agit là d’un meuble à mi-chemin entre l’objet design et la vraie création artistique… Est-ce pour cette raison que je lui reprocherais, si j’en avais la prétention, un léger défaut d’humilité ?

Eh oui, il faut que je m’y fasse, je suis terriblement conformiste, le hors norme a toujours tendance à me dérouter… Mais si mon conformisme doit passer par le réaménagement de tout mon appartement par Calligaris, j’entretiendrai volontiers ma conformité. Même si son sommier plein peut laisser augurer de séances de ménage intensives, le lit Lullaby est un produit que j’aime à découvrir, sobre et élégant, à l’image des aspirations des jeunes filles en fleur.

Autres temps, autres moeurs, autre univers : cet ovni italien de la marque Domodinamica a atterri depuis quelques mois dans les salons des plus à la page des passionnés, et, sous ses airs d’escargot géant, revisite avec une certaine réussite les canons du genre. Certainement trouvera-t-il mieux sa place dans un intérieur moderne, mais il peut aussi, peut-être, proposer un contraste intéressant à des pièces de facture plus classique. J’aime assez ses antennes lumineuses, qui permettent, pour des espaces réduits, de s’épargner la difficulté des tables de chevet et des lampes afférentes.

Mais ce qui nous permet avant toute chose de conférer à nos couchages le caractère qui nous convient passe naturellement surtout par le linge et autres accessoires de confort que nous leur attribuons. Côté draps et autres housses, j’ai – tardivement – découvert l’an dernier Blanc des Vosges, grande figure du linge de maison devant l’Éternel. Plusieurs centaines de lavage après, je reste émerveillée par la tenue de leurs produits. Leurs gammes, des plus simples aux plus fantaisies, ne sont pas à proprement parler des archétypes de la branchitude, mais est-ce là bien l’important ? Confortables et sûres, leurs collections sont des valeurs inépuisables qui s’adaptent à tous les couchages et permettent des combinaisons les plus heureuses. J’ai pour ma part, après quelques hésitations, opté pour un ensemble tout simplement noir… J’ai personnellement une inclination réelle pour la série Divine en satin – douceur assurée pour nos petits corps fourbus ! -, et plus particulièrement pour le modèle lie de vin, qui, associé à un drap housse noir (si, si), me fait l’effet de dormir dans le lit le plus ultimement classe du quartier.

Et si les draps uniformes vous sont synonymes d’ennui, ne craignez pas de vous en remettre aux accessoires pour égayer votre couche. Avec l’humour et le détachement qui caractérise la caractérise, la marque Bonjour Mon Coussin nous propose un foisonnement de créations rayonnantes de bonne humeur. J’ai un petit faible pour le coussin Windy et ses imprimés de livres pour enfants sages, qui ne sont pas sans me rappeler Les Coulisses de la République du Vent, un très joli ouvrage pour jeunes et moins jeunes d’Olivier Douzou, à consommer sans modération…

envole-moi

envole-moi

Sweet Dreams…

Entre ciel et terre

Du nouveau dans le domaine de l’adhésif… je sais, voici typiquement le genre d’expression galvaudée à force d’être réitérée, qui plus est pour ce qui concerne l’accessoire déco par excellence du moment*. (tu n’as pas deviné? rends-toi vite au bas de ce post pour connaîre la réponse)

Même si je ne suis pas, loin s’en faut, amatrice du genre, je ne rechigne cependant pas à reconnaître une idée intelligente et intéressante… c’est le cas pour deux nouveaux modèles fort sympathiques :

une marelle adhésive pour se dépenser malgré la pluie

une marelle adhésive pour se dépenser malgré la pluie

Avis aux âmes d’enfant – qui n’est pas bercé par la nostalgie réconfortante de l’école primaire…? -, voici une vraie trouvaille, le sticker marelle, simple, élégant, discret parce que dépourvu des inévitables fioritures dont la tendance vire de plus en plus sûrement à la surcharge…

C’est à Alaro et au talent fertile de sa créatrice Bérangère – qui réussira peut-être à me réconcilier avec les stickers – que nous devons cette marelle et innocente comme si elle venait d’être tracée à la craie… C’est en quelque sorte une idée de cadeau toute trouvée qui aura en plus le mérite de détacher petits et grands de la console pour les amener, mine de rien, à des jeux de plein air indoor…


le plastique c'est fantastique

le plastique c'est fantastique

Et si comme moi vous êtes un devenu Docteur ès taches à force de devoir réparer vos maladresses, ou si vous en avez assez de vous demander s’il faut oui ou non mettre du sel sur du vin rouge (la réponse est non), pourquoi ne changer de revêtement et opter pour le sticker tapis imaginé par les Invasions Éphémères, emmenées par la foisonnante et ravissante Sofia Antonovich ?

supprimez langle mort

supprimez l'angle mort

Ses arabesques florales lui confèrent un petit côté Laura Ashley tout à fait dans la tendance cocooning du moment. Composé de quatre panneaux triangulaires qui peuvent s’associer au centre de la pièce, il est aussi très élégant comme ornement d’angle, pourquoi pas dans une cuisine ou sous le porte-parapluie de l’entrée.

plus dinquiétudes....

plus d'inquiétudes...

Une véritable aubaine, quoi qu’il en soit, que ce tapis, pour tous les Pierre Richard en herbe ou en chair : il se nettoie à l’éponge, résiste aux griffes comme aux coups de talons, et ne risque pas de devenir une pouponnière à poussière.

*La réponse est : les adhésifs vinyles, plus couramment connus sous le vocable anglo-saxon de stickers. Petit aparté étymologique, sachez par ailleurs que le substantif adhésif est issu du latin adherare: être fermement attaché à quelque chose, et que le verbe anglais to stick serait issu d’un terme proto-indoeuropéen faisant référence à ce qui reste définitivement en place… intéressante nuance, n’est-il pas?