Pour vivre heureux vivons couchés

…Détournement facile d’un adage bien connu, et qui me concerne mal, si je considère la durée objective de mes nuits. Pour autant, convenons que le lit est sans doute possible un élément capital de nos existences, dont l’agencement et la tenue en révèlent plus long sur notre personnalité qu’on ne pourrait au premier abords le supputer.

Avouons le sans en prendre ombrage, nous accordons tous à nos couchages un soin particulier, dont nous espérons secrètement qu’ils coïncident le plus avec nos personnalités. Qu’il soit volontairement négligé ou rageusement surchargé, notre lit révèle une part intime de nous-même – généralement porte fermée, à l’abri des regards impromptus qui nous tient à cœur, mais dans le souci constant qu’il soit, pour le cas où cette porte se trouverait par hasard ouverte, à même de revendiquer qui nous sommes… Si j’exagérais un tout petit peu, j’irai même jusqu’à dire qu’avec notre lit, il y a du manifeste dans l’air…

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que la literie soit source de réactions généralement passionnées…

Petit exercice pratique :
Parmi ces trois modèles relativement récents repérés au gré de mes investigations dans la galaxie intergalactique de la décoration, aucun ne laisse a priori indifférent, et j’irais même jusqu’à dire que si l’un vous plaît, sans doute les deux autres ne vous raviront guère, et inversement.

Thomas de Lussac, toujours brillamment inspiré, a par exemple imaginé ce lit à la fois très simple – des lignes courbes qui rappellent la cambrure d’un dos, une structure en bois sans fioriture – et très maniérée – un bois noble, savamment teinté et vernis, une ampleur intimidante, une tête de lit délicate qui semble orner la tête des heureux dormeurs en une offrande divine… Il s’agit là d’un meuble à mi-chemin entre l’objet design et la vraie création artistique… Est-ce pour cette raison que je lui reprocherais, si j’en avais la prétention, un léger défaut d’humilité ?

Eh oui, il faut que je m’y fasse, je suis terriblement conformiste, le hors norme a toujours tendance à me dérouter… Mais si mon conformisme doit passer par le réaménagement de tout mon appartement par Calligaris, j’entretiendrai volontiers ma conformité. Même si son sommier plein peut laisser augurer de séances de ménage intensives, le lit Lullaby est un produit que j’aime à découvrir, sobre et élégant, à l’image des aspirations des jeunes filles en fleur.

Autres temps, autres moeurs, autre univers : cet ovni italien de la marque Domodinamica a atterri depuis quelques mois dans les salons des plus à la page des passionnés, et, sous ses airs d’escargot géant, revisite avec une certaine réussite les canons du genre. Certainement trouvera-t-il mieux sa place dans un intérieur moderne, mais il peut aussi, peut-être, proposer un contraste intéressant à des pièces de facture plus classique. J’aime assez ses antennes lumineuses, qui permettent, pour des espaces réduits, de s’épargner la difficulté des tables de chevet et des lampes afférentes.

Mais ce qui nous permet avant toute chose de conférer à nos couchages le caractère qui nous convient passe naturellement surtout par le linge et autres accessoires de confort que nous leur attribuons. Côté draps et autres housses, j’ai – tardivement – découvert l’an dernier Blanc des Vosges, grande figure du linge de maison devant l’Éternel. Plusieurs centaines de lavage après, je reste émerveillée par la tenue de leurs produits. Leurs gammes, des plus simples aux plus fantaisies, ne sont pas à proprement parler des archétypes de la branchitude, mais est-ce là bien l’important ? Confortables et sûres, leurs collections sont des valeurs inépuisables qui s’adaptent à tous les couchages et permettent des combinaisons les plus heureuses. J’ai pour ma part, après quelques hésitations, opté pour un ensemble tout simplement noir… J’ai personnellement une inclination réelle pour la série Divine en satin – douceur assurée pour nos petits corps fourbus ! -, et plus particulièrement pour le modèle lie de vin, qui, associé à un drap housse noir (si, si), me fait l’effet de dormir dans le lit le plus ultimement classe du quartier.

Et si les draps uniformes vous sont synonymes d’ennui, ne craignez pas de vous en remettre aux accessoires pour égayer votre couche. Avec l’humour et le détachement qui caractérise la caractérise, la marque Bonjour Mon Coussin nous propose un foisonnement de créations rayonnantes de bonne humeur. J’ai un petit faible pour le coussin Windy et ses imprimés de livres pour enfants sages, qui ne sont pas sans me rappeler Les Coulisses de la République du Vent, un très joli ouvrage pour jeunes et moins jeunes d’Olivier Douzou, à consommer sans modération…

envole-moi

envole-moi

Sweet Dreams…

Entre ciel et terre

Du nouveau dans le domaine de l’adhésif… je sais, voici typiquement le genre d’expression galvaudée à force d’être réitérée, qui plus est pour ce qui concerne l’accessoire déco par excellence du moment*. (tu n’as pas deviné? rends-toi vite au bas de ce post pour connaîre la réponse)

Même si je ne suis pas, loin s’en faut, amatrice du genre, je ne rechigne cependant pas à reconnaître une idée intelligente et intéressante… c’est le cas pour deux nouveaux modèles fort sympathiques :

une marelle adhésive pour se dépenser malgré la pluie

une marelle adhésive pour se dépenser malgré la pluie

Avis aux âmes d’enfant – qui n’est pas bercé par la nostalgie réconfortante de l’école primaire…? -, voici une vraie trouvaille, le sticker marelle, simple, élégant, discret parce que dépourvu des inévitables fioritures dont la tendance vire de plus en plus sûrement à la surcharge…

C’est à Alaro et au talent fertile de sa créatrice Bérangère – qui réussira peut-être à me réconcilier avec les stickers – que nous devons cette marelle et innocente comme si elle venait d’être tracée à la craie… C’est en quelque sorte une idée de cadeau toute trouvée qui aura en plus le mérite de détacher petits et grands de la console pour les amener, mine de rien, à des jeux de plein air indoor…


le plastique c'est fantastique

le plastique c'est fantastique

Et si comme moi vous êtes un devenu Docteur ès taches à force de devoir réparer vos maladresses, ou si vous en avez assez de vous demander s’il faut oui ou non mettre du sel sur du vin rouge (la réponse est non), pourquoi ne changer de revêtement et opter pour le sticker tapis imaginé par les Invasions Éphémères, emmenées par la foisonnante et ravissante Sofia Antonovich ?

supprimez langle mort

supprimez l'angle mort

Ses arabesques florales lui confèrent un petit côté Laura Ashley tout à fait dans la tendance cocooning du moment. Composé de quatre panneaux triangulaires qui peuvent s’associer au centre de la pièce, il est aussi très élégant comme ornement d’angle, pourquoi pas dans une cuisine ou sous le porte-parapluie de l’entrée.

plus dinquiétudes....

plus d'inquiétudes...

Une véritable aubaine, quoi qu’il en soit, que ce tapis, pour tous les Pierre Richard en herbe ou en chair : il se nettoie à l’éponge, résiste aux griffes comme aux coups de talons, et ne risque pas de devenir une pouponnière à poussière.

*La réponse est : les adhésifs vinyles, plus couramment connus sous le vocable anglo-saxon de stickers. Petit aparté étymologique, sachez par ailleurs que le substantif adhésif est issu du latin adherare: être fermement attaché à quelque chose, et que le verbe anglais to stick serait issu d’un terme proto-indoeuropéen faisant référence à ce qui reste définitivement en place… intéressante nuance, n’est-il pas?

Les pieds dans le tapis

Nani Marquina ou la douceur de vivre

Nani Marquina ou la douceur de vivre

En règle générale, les tapis ne m’inspirent guère. Véritables usines à poils et à poussière, pouponnières à miettes – vous avez remarqué que plus nous les secouons et aspirons, plus ils semblent regorger de délicieuses surprises? -, ils sont aussi les réceptacles privilégiés de toutes sortes de liquides, de préférence collants…
Ils ne trouvent guère plus grâce à mes yeux au niveau de leur effet ornemental, se rapprochant plus du moment kitch incontournable que de l’objet de déco indispensable… Mais la créatrice espagnole Nani Marquina me confronte avec grâce à tous ces a priori. Premier choc pour la sceptique que je suis : pour la première fois, ces tapis me font l’effet d’une grâce esthétique hors du commun. Beaux voire sublimes, ils incarnent à eux seuls le bon goût et la douceur à laquelle nous aspirons – je l’imagine – tous. Deuxième choc : au-delà de cette réussite, je découvre l’engagement de Nani Marquina et de sa société contre le travail des enfants et sa participation assidue aux programmes de coopération régulés que l’on traduit souvent par le terme de “développement durable”. Si les inventions sont multiples et toutes plus raffinées les unes que les autres, l’investissement est de son côté radicalement citoyen. Les créations Nanimarquina sont réalisées à la main, notamment en Inde et au Pakistan, encourageant ainsi l’activité économique locale et promouvant de fait des techniques et savoir-faire réputés – j’ai beau ne pas trop aimer les tapis, je suis au courant de l’héritage tisserand et de la réputation d’une certaine région du monde en ce domaine.
J’ai particulièrement apprécié la série presque tri-dimensionnelle Little Field of Flowers, aux couleurs qui peuvent rappeler les quatre saisons, particulièrement charmante avec ses motifs cousus en forme de feuilles et de fleurs. Une création très originale m’a également plu, celle d’un tapis composé à partir de pneu de vélos recyclés… Une démarche originale!
Serais-je sur la voie de la réconciliation avec le commun des mortels? Quoi qu’il en soit, j’ai d’ores et déjà trouvé une marque à surveiller et à admirer, en espérant que de nouvelles collections verront bientôt le jour.