Joindre le futile à l’agréable

Passion du dispensable, quand tu nous tiens… Tâchant depuis plusieurs années de ne pas me jeter de façon complètement écervelée dans la fièvre consumériste, je me fais un devoir de ne pas trop souvent acheter ce dont je n’ai objectivement pas besoin.

Et comme j’essaie aussi d’avoir deux doigts de jugeote, je sais bien que ce qu’il y a d’intéressant à désirer quelque chose, c’est bien la délicieuse période de latence préalable, celle où nous sentons monter en nous la joie promise de posséder enfin l’objet tant espéré…

Mais j’ai beau me soumettre à cette (monacale, il va sans dire) discipline de mesure et de tempérance, mon naturel futile a tendance à revenir au galop… je me laisse forcément prendre au piège jeu des menus accessoires et autres belles choses dont il me semble que l’acquisition rendrait ma vie ô combien plus délectable… Il ne me reste donc plus qu’à me livrer à une joute rhétorique et dialectique avec moi-même afin de pouvoir justifier de l’absolue nécessité de mes caprices à la bonne marche du foyer… Travaux pratiques :

comment tout mettre à sack

comment tout mettre à sack

Au rang des stimuli actuels de ma mauvaise foi, il y a le vase Sack, en prévision duquel j’ai échafaudé un argumentaire tout à fait infaillible : vous avez certainement comme moi remarqué qu’on n’a jamais le récipient adéquat lorsqu’on nous offre des fleurs. Il est toujours trop large, trop grand, trop étroit… Pour mettre en valeur les belles graminées. Avec lui, fini les moments passés à découper en toute hâte – et pour un résultat assez navrant – une bouteille d’eau minérale pour faire tenir ensemble une jolie composition florale : en effet, il se transforme à volonté grâce à sa composition en pvc thermoformable.

Le principe est simple : il devient malléable passé sous l’eau chaude, puis se rigidifie à l’eau froide une fois la forme idoine trouvée. Cette idée lumineuse nous vient de PA Design, qui se surpasse décidément pour nous proposer des objets du quotidien revisités par le biais de l’humour et de la différence.

Maintenant que je me suis (légitimement) accordée une nouvelle sauteuse, ma (future hypothétique) cuisine (aménagée) s’avère déjà plus reluisante. Hélas – trois fois hélas, je n’ai toujours que de banales casseroles, qui ne me permettent pas de mijoter ni d’étuver comme il se doit mes emplettes maraichères du marché…

après le fridayware, le cookware

après le fridayware, le cookware

Heureusement Royal VKB a pensé à moi : j’avoue rester complètement sans voix devant la beauté vintage de la gamme de faitouts Cookware – un faitout, exactement ce qui me manquait ! c’est fou comme la vie est bien faite.

Ils ne sont pas magnifiques, ces récipients conçus par le designer néerlandais Jan Hoekstra, ici en pleine démonstration?

Il a pensé sa gamme en tenant compte des aspirations de chaque amateur de cuisine à la maniabilité et la performance : même si pour vous cuire un œuf relève de la gageure, vous vous êtes forcément un jour ou l’autre confronté à la difficulté de vider l’eau d’une casserole sans vous ébouillanter et/ou répandre la moitié du contenu dans l’évier évidemment encombré de toute part parce qu’il est tellement plus drôle d’attendre que les reliefs des précédents repas se soient fossilisés sur les assiettes pour commencer à les laver.

Ici, le problème est doublement facilité grâce au système de fermeture des couvercles qui vous offrent le luxe de vider ladite eau majestueusement, et aux anses enfin larges et recourbées qui permettent une prise en main totale. Il va falloir que je trouve le moyen de rendre mes outils de cuisson inutilisables.

En matière de décoration intérieure, j’ai un Trouble Obsessionnel Compulsif, celui des petits luminaires. Ma collection commence à être conséquente, entre lampes, photophores et bougies. Mais ce n’est naturellement jamais assez, j’en trouve toujours de plus attrayantes.

Alors pour m’autoriser cette brique lumineuse éditée par Suck, qui renferme une ampoule photovoltaïque (ce qui implique l’absence totale de tout système électrique), je vais tout simplement me contenter faire jouer la carte de l’émotion et de l’économie écologique.

Je suis sûre que vous débordez vous aussi de ressources et d’inventivité pour vous accorder de petits plaisirs décoratifs… Maintenant que je vous ai livré quelques uns des miens, j’attends les vôtres !

Belle et heureuse année à tous, j’espère que vous avez passé un savoureux et mémorable réveillon, et vous souhaite amour, gloire et beauté pour 2009.

Je vous propose aujourd’hui, pour réveiller vos neurones, un petit jeu qui mêle décoration et littérature (comme quoi tout arrive).

Vous trouverez ci-dessous les portraits bien connus de quatre écrivains majeurs du 19ème siècle, dont je vous propose de retrouver l’identité, à l’aide de quelques indices.

Ne paniquez pas, toutes les réponses sont au bas de ce post… N’hésitez pas à cliquer pour agrandir l’image…

J’ai eu l’idée de ce petit exercice littéraro-culturel en contemplant les créations du célèbre Jean-Charles de Castelbajac, qui a imaginé pour la marque Acrila des chaises design en verre synthétique dont le dossier est à l’effigie de ces gloires de la littérature. Un concept sympathique pour tous les amateurs de belles lettres et si vous voulez briller dans les dîners mondains.

Nourritures terrestres

Nourritures terrestres

Mais qui sont donc ces ravissants personnages?

Amis lecteurs, les représentants de ces assises intellectuelles design sont dans l’ordre Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Oscar Wilde et Edgar Allan Poe.

Vous aviez trouvé?

à table (ou presque)

À l’occasion des libations festives qui accompagneront les ultimes journées de 2008, j’aimerais aujourd’hui rendre un hommage appuyé au point central de nos réjouissances, j’ai nommé la fidèle table de repas.
Qu’elle soit ronde ou rectangulaire qu’importe, pourvu qu’elle offre un espace convivial, fiable et potentiellement adaptable à la plus ou moins forte affluence qui règnera dans nos doux foyers.

J’ai depuis quelques temps une attention toute particulière pour les tables extensibles, ayant souffert d’un véritable traumatisme de l’époque – pourtant encore relativement peu reculée :) – où agrandir sa table relevait de la gageure, une performance à mi-chemin entre le casse-tête chinois et l’haltérophilie.

Deux modèles de chez Desalto ont particulièrement plu à l’inquiète hôtesse que je suis, car leur système d’extension a été imaginé pour permettre aux petits gabarits de ne plus avoir à choisir entre se rompre le dos et recevoir en petit comité.

A ma gauche, la sobre et efficace table Helsinki – je m’interroge encore sur le pourquoi d’un tel patronyme -, composée de lattes en bois de Koto, un bois des forêts tropicales africaines, également connu sous une foule d’autres appellations – Akodiakédé, Efok, Kyereyebere, Aké, Kyeri, Akame, Bontue, Epok, Bofo-ouali… Pour adapter ses dimensions au nombre de convives (la taille maximale peut atteindre 190 cm de largeur), rien de plus simple : il suffit de tirer ses extrémités et d’observer l’écartement des lamelles de bois, jusqu’à ce que l’agrandissement soit parfaitement ajusté à vos besoins… Simple, rapide, efficace, que de belles réussites me direz-vous ! Je ne puis cependant m’empêcher d’émettre un léger bémol et de me demander si, une fois les lattes ouvertes, il n’y a pas un risque de voir couverts et assiettes déstabilisés au point de tomber dans un sonore effroi sur le sol, massacrant ainsi des heures d’effort décoratifs et la netteté immaculée d’un parquet fraîchement ciré. Que les heureux possesseurs de ce modèle n’hésitent pas à se faire connaître et éclairent ma perplexe lanterne, d’autant que les lignes presque strictes de ce joli meuble et son aspect général sont tout à fait de mon goût !

A ma droite, la table More, radicalement ancrée dans la diversité avec son plateau en verre opaque et son piètement en acier. Le dispositif de rallonge est simplissime : le plateau supplémentaire – en verre transparent, petit détail esthétique du meilleur effet – est vissé dans la structure et se positionne par rotation pour venir se fixer sans effort. Cet impressionnant système – breveté – est sans nul doute l’atout majeur de cette table aérodynamique, qui nous fait là une fort tentante invitation. N’étant pas une grande adepte des tables en verre, je dois bien reconnaître que ce modèle fort original ne me laisse pas indifférente, et que son standing presque intimidant est suffisamment épuré pour s’insérer dans des salons de diverses factures.

Pour prolonger sur un mode encore plus jovial ces réflexions, je vous proposerai demain mes suggestions de décoration de table qui feront de vos agapes un moment bel et bon !

Chaises hautes pour enfant : oser la classe

les enfants ne sont pas négligés par les designers, pour preuve, la nouvelle génération de chaises hautes aussi fonctionnelles qu'esthétiques

les enfants ne sont pas négligés par les designers, pour preuve, la nouvelle génération de chaises hautes aussi fonctionnelles qu'esthétiques

Jeunes parents – ils se reconnaîtront -, rendez service au bon goût et à vos petits, choisissez des chaises dignes de ce nom qui leur offre de savourer leurs repas dans un contexte idéal.
Je n’ai qu’un goût très modéré pour les chaises hautes en plastiques qui me font l’effet d’un Transformer croisé avec un tracto-pelle. Ce sont de véritables mastodontes souvent un peu criards qui, en plus de prendre une place invraisemblables, s’accommodent systématiquement le plus mal possible avec les cuisines et salons de leurs propriétaires.
Puisque le design fait une entrée massive dans les univers d’enfant, il serait malvenu de ne pas rendre hommage à des modèles aussi sécurisants que ravissants, variés aussi, qui peuvent convenir à toutes les ambiances ou presque…
Les Australiens de Mozzee ont même été jusqu’à imaginer un véritable nid à la touche délicieusement seventies. Cette chaise haute au piètement ajustable inspiré des tabourets de bar permet d’adapter la taille de la chaise pour que votre petit se joigne à toutes les occasions. Et puisqu’il revient à notre époque de mettre en valeur la protection et le cocooning de nos têtes blondes, son siège arrondi est furieusement dans l’air du temps. Côté sécurité, tout à été prévu pour un confort sans crainte : stabilité totale, harnais ajustable et garde-fou.
Ce qu’il a de désagréable avec les chaises hautes, c’est qu’ils sont rigoureusement indispensables tout en ayant une durée d’utilisation somme toute limitée… les petits ont en effet tendance à ne plus trop goûter le confort d’un siège où ils se sentent à l’étroit dès que les 2 ans approchent…. et l’avantage avec cette chaise toute en rondeur, c’est qu’elle se convertit en siège pour enfant dès les 36 mois révolus et ce jusqu’à l’entrée de votre petit à l’école primaire… ingénieux, n’est-ce pas?
Même principe avec les modèles plus classiques et formidablement raffinés des menuisiers allemands Sirch. Ils ont conçu deux modèles – l’un avec pied araignée, l’autre avec pied tulipe – très sobres entièrement adaptables pour tous les âges : chaque élément peut se retirer au fil des mois, et leur forme minimaliste permettent d’asseoir les enfants directement à table, au plus prêt de leurs mets préférés.
Et pour tous les bikers et leur progéniture, les créateurs de Bloom ont imaginé un délicieux ovni : une chaise haute qui soit en même temps un transat et un fauteuil, un investissement certain mais qui durera de la naissance à 6 ans… voire plus. Avec ses courbes qui la font ressembler à une heureuse rencontre du siège spatial et du fauteuil de dentiste, elle est sans doute à ce jour la plus fonctionnelle et la plus chic du marché.

Les pieds dans le tapis

Nani Marquina ou la douceur de vivre

Nani Marquina ou la douceur de vivre

En règle générale, les tapis ne m’inspirent guère. Véritables usines à poils et à poussière, pouponnières à miettes – vous avez remarqué que plus nous les secouons et aspirons, plus ils semblent regorger de délicieuses surprises? -, ils sont aussi les réceptacles privilégiés de toutes sortes de liquides, de préférence collants…
Ils ne trouvent guère plus grâce à mes yeux au niveau de leur effet ornemental, se rapprochant plus du moment kitch incontournable que de l’objet de déco indispensable… Mais la créatrice espagnole Nani Marquina me confronte avec grâce à tous ces a priori. Premier choc pour la sceptique que je suis : pour la première fois, ces tapis me font l’effet d’une grâce esthétique hors du commun. Beaux voire sublimes, ils incarnent à eux seuls le bon goût et la douceur à laquelle nous aspirons – je l’imagine – tous. Deuxième choc : au-delà de cette réussite, je découvre l’engagement de Nani Marquina et de sa société contre le travail des enfants et sa participation assidue aux programmes de coopération régulés que l’on traduit souvent par le terme de “développement durable”. Si les inventions sont multiples et toutes plus raffinées les unes que les autres, l’investissement est de son côté radicalement citoyen. Les créations Nanimarquina sont réalisées à la main, notamment en Inde et au Pakistan, encourageant ainsi l’activité économique locale et promouvant de fait des techniques et savoir-faire réputés – j’ai beau ne pas trop aimer les tapis, je suis au courant de l’héritage tisserand et de la réputation d’une certaine région du monde en ce domaine.
J’ai particulièrement apprécié la série presque tri-dimensionnelle Little Field of Flowers, aux couleurs qui peuvent rappeler les quatre saisons, particulièrement charmante avec ses motifs cousus en forme de feuilles et de fleurs. Une création très originale m’a également plu, celle d’un tapis composé à partir de pneu de vélos recyclés… Une démarche originale!
Serais-je sur la voie de la réconciliation avec le commun des mortels? Quoi qu’il en soit, j’ai d’ores et déjà trouvé une marque à surveiller et à admirer, en espérant que de nouvelles collections verront bientôt le jour.