Personnellement, je reste circonspecte, comme beaucoup, je ne suis pas insensible aux charmes chatoyants de ces motifs qui ont l’avantage d’introduire un peu de profondeur dans des pièces trop blanches et austères… mais je ne m’aventurerais pas à y voir une révolution de l’esprit déco, d’autant que je continue de penser qu’ils trouvent une place privilégiée dans des espaces enfantins. Affaire de goût sans doute.
Si je pousse la réflexion un peu plus loin, je crois que je suis un peu gênée par le manque de relief de ces lisses apparats… un peu trop sages, un peu trop beaux pour être vrais.
Un modèle cependant ne me laisse pas indifférente : les adhésifs pour plafond imitation plafonnier, une fantaisie plutôt charmante qui pourrait satisfaire tous ceux qui désespèrent d’habiter un difficilement abordable “moulure-parquet-cheminée”.
Conçus par la très internationale et talentueuse graphiste Sofia Antonovich, ces stickers vinyles ajustables seyants à souhait ont le bon goût de la délicatesse et une élégance au juste croisement de la sobriété et du foisonnement.
L’imagination de Sofia Antonovich semble ne pas connaître l’angoisse de la page blanche, elle conçoit sans relâche depuis plusieurs années des autocollants pour quasiment toutes les pièces de la maison, des plus abstraits aux plus figuratifs : silhouettes, trompe l’oeil, fleurs, frises… tout y passe, et elle n’est pas la seule sur le créneau.
Dans un registre un peu différent, le collectif Cocobohème formé par Catherine Fouchard et Christian Mégevand a repensé le concept de tableau noir en imaginant des pense-bête ardoise autocollants en forme d’animaux ou de végétaux dont les silhouettes épurées ne peuvent pas laisser indifférent. Plaisants et fonctionnels, ils ont un je-ne-sais-quoi de douceur naïve qui explique sans doute assez la réussite consensuelle du produit.
Autrement plus subversif, le groupement Domestic s’oriente plus radicalement dans une esthétique à mi-chemin entre le néo-réalisme et le style comics. Dans ce cadre, l’artiste Geneviève Gauckler a développé une série fantasmagorique de gentils monstres et d’énigmatiques bonshommes pour décorer les chambres d’enfants, lesquels ont plutôt tendance à m’effrayer, mais qui ont une réelle épaisseur, du fait précisément de leur aspect étrange et inattendu.
Une chose est sûre, pour les amateurs du genre, le bonheur est parti pour durer.

