Résolument organisée

Trêve de plaisanterie, voici 2009 désormais bien lancé. Même si je rechigne à prendre des résolutions que je n’arriverai pas à tenir, j’aimerais placer cette nouvelle année sous le signe d’un accomplissement qui me fait bien cruellement défaut : celui de l’organisation.

Je porte une croix sans doute communément partagée : j’ai toutes les peines du monde à demeurer ordonnée, et il me semble qu’au fil du temps, ce défaut s’aggrave. Je déborde du même coup d’astuces sans cesse réinventées pour donner le change : je suis ainsi passée maîtresse dans l’art de savamment dissimuler papiers urgents et autres factures au fond d’un placard, dans ce genre de subtile cachette dont on se dit : “je vais mettre ça là comme ça je saurai où il est”, et qu’on s’empresse de reléguer aux portes de l’oubli.

Je vous assure que je caricature à peine.

Bref, cette année, la Julie nouvelle est arrivée, je m’y engage, ma vie ne sera plus une course effrénée contre le chaos. Toute investie de cette sincère bonne volonté, je m’intéresse assez logiquement de près à tout ce que la déco peut proposer de meubles de rangement.

Bibliothèque Broox pour en finir avec le Bronx

Bibliothèque Broox pour en finir avec le Bronx

Ma chasse au trésor m’a tout droit conduite sur les traces de Desalto, dont j’aime assez les lignes sobres et rectilignes. Dernière trouvaille en date, une bibliothèque murale à structure articulée ajustable en fonction de la taille des ouvrages que l’on souhaite y entreposer ou de la hauteur des murs.

Imaginée par le designer italien Denis Santachiara, qui n’en est pas à son coup d’essai en matière de créations originales et élégantes – allez voir son site, lui-même originalement élaboré, qui présente une petite partie de son foisonnant ouvrage) – cette bibliothèque peut aussi bien servir d’étagère simple pour mettre en valeur nos petits et grands bibelots, mais aussi – tant que nous y sommes – pour ranger idéalement tout ce qui relève des dossiers et de la paperasserie.

A présent que j’ai trouvé de quoi motiver le tri nourri de tout ce qu’il y a de superflu dans mes classeurs à levier, il me restera à m’attaquer à ce qui fait le désespoir des tables basses : la presse écrite. Je fais partie de ceux qui les entassent joyeusement sous icelle, pour le plus grand bonheur de nos chats qui prennent un grand plaisir à massacrer mes magazines féminins préférés ma collection d’Alternatives internationales.

J’ai longtemps considéré le porte-revue avec un certain mépris, considérant ce dernier comme l’évident apanage du mauvais goût. Mais j’étais jeune et vierge des réalités du monde de l’écrit, des tentations divertissantes au moment de prendre le train, de l’attachement que l’on peut porter aux journaux dont l’encre reste sur les doigts aussi sûrement que son papier jaunit. Aujourd’hui, je n’ai plus tout à fait la même radicalité de jugement pour cet obscur objet du loisir. Cela ne résoudra pas le problème de l’inclinaison naturelle des griffes félines pour l’interdit, mais je me verrais assez disposant allègrement les journaux que je renâcle à jeter dans le porte revues tout cuir de la marque Midipy, qui avec ses anses et sa fermeture coulissante relève davantage du sac à main hype que de la corbeille à fourbi.

Cocorico de mise pour cette jolie marque qu’est Midipy (rénées?), installée aux confins du sud-est hexagonal et qui remet au goût du jour les savoir-faire régionaux avec des collections en cuir et laine, fabriqués à la main et totalement exempts de rusticité affectée.

De votre côté, qu’en est-il des vœux pieux bonnes résolutions pour 2009 ?

à table (ou presque)

À l’occasion des libations festives qui accompagneront les ultimes journées de 2008, j’aimerais aujourd’hui rendre un hommage appuyé au point central de nos réjouissances, j’ai nommé la fidèle table de repas.
Qu’elle soit ronde ou rectangulaire qu’importe, pourvu qu’elle offre un espace convivial, fiable et potentiellement adaptable à la plus ou moins forte affluence qui règnera dans nos doux foyers.

J’ai depuis quelques temps une attention toute particulière pour les tables extensibles, ayant souffert d’un véritable traumatisme de l’époque – pourtant encore relativement peu reculée :) – où agrandir sa table relevait de la gageure, une performance à mi-chemin entre le casse-tête chinois et l’haltérophilie.

Deux modèles de chez Desalto ont particulièrement plu à l’inquiète hôtesse que je suis, car leur système d’extension a été imaginé pour permettre aux petits gabarits de ne plus avoir à choisir entre se rompre le dos et recevoir en petit comité.

A ma gauche, la sobre et efficace table Helsinki – je m’interroge encore sur le pourquoi d’un tel patronyme -, composée de lattes en bois de Koto, un bois des forêts tropicales africaines, également connu sous une foule d’autres appellations – Akodiakédé, Efok, Kyereyebere, Aké, Kyeri, Akame, Bontue, Epok, Bofo-ouali… Pour adapter ses dimensions au nombre de convives (la taille maximale peut atteindre 190 cm de largeur), rien de plus simple : il suffit de tirer ses extrémités et d’observer l’écartement des lamelles de bois, jusqu’à ce que l’agrandissement soit parfaitement ajusté à vos besoins… Simple, rapide, efficace, que de belles réussites me direz-vous ! Je ne puis cependant m’empêcher d’émettre un léger bémol et de me demander si, une fois les lattes ouvertes, il n’y a pas un risque de voir couverts et assiettes déstabilisés au point de tomber dans un sonore effroi sur le sol, massacrant ainsi des heures d’effort décoratifs et la netteté immaculée d’un parquet fraîchement ciré. Que les heureux possesseurs de ce modèle n’hésitent pas à se faire connaître et éclairent ma perplexe lanterne, d’autant que les lignes presque strictes de ce joli meuble et son aspect général sont tout à fait de mon goût !

A ma droite, la table More, radicalement ancrée dans la diversité avec son plateau en verre opaque et son piètement en acier. Le dispositif de rallonge est simplissime : le plateau supplémentaire – en verre transparent, petit détail esthétique du meilleur effet – est vissé dans la structure et se positionne par rotation pour venir se fixer sans effort. Cet impressionnant système – breveté – est sans nul doute l’atout majeur de cette table aérodynamique, qui nous fait là une fort tentante invitation. N’étant pas une grande adepte des tables en verre, je dois bien reconnaître que ce modèle fort original ne me laisse pas indifférente, et que son standing presque intimidant est suffisamment épuré pour s’insérer dans des salons de diverses factures.

Pour prolonger sur un mode encore plus jovial ces réflexions, je vous proposerai demain mes suggestions de décoration de table qui feront de vos agapes un moment bel et bon !