Ce qu’il faut retenir est la première décision dans la conception de tout jardin et bâtiment. Des modifications majeures de la végétation existante peuvent être un choc pour la faune, il est donc préférable de travailler de manière progressive. Les arbres, les arbustes et les plantes vivaces naturalisées sont un atout. D’autre part, plus vous utilisez de béton sur le terrain, moins votre jardin risque d’être respectueux de la faune et de la flore.
Plantation
Misez sur la diversité des plantations. Même si une palette sobre près de la maison vous séduit, laissez d’autres coins du jardin s’exprimer librement. Ce choix ne joue pas uniquement sur l’esthétique : il permet de soutenir la vie sauvage tout au long de l’année. Intégrer des plantes à floraison échelonnée, du tout début du printemps à la fin de l’automne, offre aux insectes du nectar à disposition dès leur sortie d’hibernation et jusqu’aux premiers froids. Que vous soyez passionné par les animaux ou les fleurs, n’hésitez pas à explorer la base de données de la flore et de la faune du musée d’histoire naturelle pour trouver des espèces adaptées à votre secteur (direction nhm.ac.uk, recherchez ‘postcode plants’).
La cohabitation
Un jardin, quelle que soit sa taille, peut devenir un véritable refuge pour la vie sauvage. Les insectes, qu’ils volent ou creusent, vont toujours où ils trouvent gîte et couvert.
Chaque fissure, chaque cavité a son utilité : les abeilles solitaires et autres pollinisateurs les adoptent volontiers. Vous pouvez installer ou fabriquer un hôtel à insectes, à condition de le placer dans un endroit chaud, abrité du vent et bien exposé. Installer un treillis sur des lattes fixées contre un mur, c’est aussi inviter oiseaux et insectes à s’installer, qu’il s’agisse de nicher ou simplement de se mettre à l’abri.
Pour végétaliser ce treillis, privilégiez les variétés qui offrent nectar, pollen et fruits en abondance. Le lierre, qu’il grimpe ou qu’il s’étale, fait figure de champion : il abrite oiseaux et insectes, fleurit tardivement pour les papillons et les syrphes, puis donne des baies quand l’hiver est là et que la nourriture se fait rare.
Couverture sauvage et exotique
La couverture végétale joue un rôle de refuge pour de nombreux animaux. Pour une haie riche en baies, plantez en hiver des « fouets » à racines nues : la mise en place est rapide et les enfants peuvent aisément participer, surtout avec des essences sans épines.
Voici quelques essences à mélanger pour une haie qui attire la faune locale :
- Aubépine
- Viorne obier
- Sureau
- Noisetier
- Chêne
- Houx
- Érable champêtre
- Troène sauvage
- Églantier
- Chèvrefeuille
Si l’espace le permet, plantez deux rangées en quinconce espacées de 30 à 60 cm. Les espèces indigènes séduisent naturellement les animaux locaux, mais n’hésitez pas à ajouter quelques variétés venues d’ailleurs pour diversifier les couleurs et les formes.
Réduire la maintenance
Évitez de tailler l’ensemble de vos arbustes d’un seul coup. En procédant progressivement, vous assurez la présence de bois jeune et vieux, avec des bénéfices pour différentes espèces à divers moments de l’année. Repousser la coupe des tiges à la fin de l’hiver permet aux oiseaux de profiter des graines restantes. Un coin de rondins, laissé à l’ombre, offre abri et fraîcheur aux grenouilles, crapauds, tritons, hérissons ou insectes. Le bois de chêne, frêne ou cerisier met du temps à se dégrader ; les essences plus tendres sont tout aussi précieuses pour la faune du sol et la décomposition alimente toute une chaîne alimentaire. Moins d’entretien, c’est parfois plus de vie : un peu de litière organique laissée sur place suffit à dynamiser l’écosystème.
À propos de l’auteur
Directeur de The Extra Room, Jackie Herald exerce le métier de paysagiste depuis huit ans.
Tél : 07714 234808
Image principale : Le nouveau jardin sauvage de Nigel Dunnett au RHS Chelsea Flower Show 2011. Photographe : Jackie Herald
Promouvoir la biodiversité locale
Un jardin respectueux de la vie sauvage dépasse la simple beauté des plantes : il devient acteur de la biodiversité locale. En choisissant des espèces adaptées à leur environnement et en multipliant les habitats, il aide à maintenir l’équilibre naturel du quartier, voire de la commune.
Pour y parvenir, privilégiez des végétaux locaux ou adaptés au climat et au type de sol. Cette démarche soutient non seulement les espèces indigènes, mais attire aussi les pollinisateurs, abeilles et papillons en tête.
Utilisez des matériaux bruts, comme le bois ou la pierre, qui offrent des abris appréciés par les hérissons, les lézards et bien d’autres petits animaux. Réduire l’usage des pesticides est indispensable : ces produits ne font pas la différence entre nuisibles et alliés du jardin.
Le choix du mobilier a aussi son importance. Des meubles en bois brut s’intègrent naturellement et ne présentent pas les dangers du plastique, qui termine trop souvent dans la nature ou en mer, au détriment de la faune aquatique.
Informer et sensibiliser à la richesse de la biodiversité dans nos jardins peut faire évoluer les pratiques. Un jardin respectueux de la vie sauvage inspire autant les particuliers que les professionnels, incitant chacun à préserver les écosystèmes locaux et à participer à l’équilibre de la planète.
Éviter l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques
Créer un jardin respectueux de la vie sauvage implique de préserver l’environnement à chaque étape. Sélectionnez des variétés de plantes naturellement résistantes aux maladies et aux parasites de la région : cela limite les traitements et protège les équilibres naturels.
Souvent, l’utilisation de pesticides ou d’engrais synthétiques vise à garantir des récoltes abondantes et des plantes en pleine forme. Pourtant, l’impact sur la faune peut être désastreux : oiseaux, insectes utiles et animaux domestiques sont exposés à des substances qui ne leur sont pas destinées.
Une utilisation régulière de pesticides peut aussi renforcer la résistance des nuisibles et contaminer durablement sols et nappes phréatiques. Ce cercle vicieux rend ensuite la gestion naturelle des indésirables de plus en plus difficile.
Limiter, voire bannir, les produits chimiques profite à la faune locale et protège votre environnement immédiat. Privilégiez les alternatives, comme le compost organique, ou encouragez la présence d’animaux alliés du jardin. C’est la meilleure façon d’assurer un développement durable tout en profitant d’un espace vivant et équilibré.
Un jardin qui accueille la vie sauvage, c’est un lieu où chaque saison réserve sa surprise, où le moindre recoin peut devenir un refuge. À la clé : un spectacle permanent, mille petites interactions, et la certitude d’agir, à son échelle, pour un monde plus vivant.

